vendredi 28 février 2014

Crevaison de pneus dans les Carpates


Chaussures aux pieds, petit-déjeuner bien copieux dans l’estomac, nous montons en voiture dans le but d’escalader les Carpates. Le temps est plutôt exécrable : grisaille et brouillard impénétrable tout autour. La vue sera très certainement peu dégagée…Le chemin de terre que nous prenons est très cabossé avec d’énormes pierres. A chaque pierre, je sens les roues passer dessus. A chaque virage, je pense que nous allons nous arrêter et continuer à pied. Cependant, nous continuons à monter.

Eglise dans les Carpates

Le brouillard disparaît peu à peu. Nous ne rencontrons personne. Nous traversons quelques villages, enfin, ce sont plutôt des hameaux. Nous sortons enfin de la forêt. Le chemin aux pierres ne s’arrête toujours pas. Au fur et à mesure que nous sortons la tête de la forêt et dépassons les dernières cimes, le brouillard lui aussi disparaît peu à peu. Allez, encore un peu, et nous allons finir par nous arrêter.

Et là, je sens mon conducteur inquiet. Il arrête le moteur et descend de la voiture. Il revient l’air dépité en m’annonçant que le pneu avant est crevé. Rien, ni personne autour de nous…Je propose mon aide et reçoit en retour un petit sourire ironique…Il est vrai que je m’y connais peu en crevaisons. J’en profite donc pour faire une séance photo prolongée. Paysages magnifiques tout autour. Le brouillard finit par dévoiler les montagnes aux pentes douces aux prés encore verts et aux arbres aux colorations rouges dorées. Rien ici ne semble avoir remarqué notre intrusion dans le paysage.

Je reviens au véhicule, apparemment le changement de la roue de secours est plus difficile que prévu. Je décide donc de refaire un petit tour, sans appareil cette fois. Je monte jusqu’aux champs de pâturages d’été. Derrière la colline s’ouvre un panorama sur toute la chaîne des Carpates.
Paysage des Carpates

Je redescends, mon accompagnateur est encore plus dépité, aucun progrès en vue, le pneu crevé ne se défait pas. A mon tour de rester de garder auprès du véhicule, le chauffeur part à la recherche de mains fortes ou d’outils. Pendant son absence, des Houtsoules, peuple de la région, passent en charrette à cheval et me proposent de me faire faire un tour. Je refuse poliment. Quelques temps après, mon chauffeur revient une grande clé à la main. Le pneu résiste et la grande clé se casse.

Mon chauffeur me laisse encore une fois seule. Cette fois, ce sont deux randonneurs aux sacs à dos dépassants leur tête qui propose de m’enlever. Malgré mon envie de me dégourdir les jambes, je reste sagement assise dans la voiture. J’attends encore un peu. Le brouillard a complètement disparu entretemps. Le temps est superbe. Mon chauffeur revient, à ses côtés personne. Nous attendons encore un peu. Il faut attendre la fin de la moisson.

Un tracteur apparaît à l’horizon et s’approche enfin de nous. Il s’arrête, en descendent deux Houtsoules. Après un bref échange de paroles, un regard sur le pneu suffit pour prendre une décision. Ils prennent un couteau, font une grande entaille dans le pneu, enfilent un bout de plastique dans le trou pour le boucher, le collent à la salive, et après, oui, je ne plaisante pas, c’est reparti ! Au début je ne voulais pas y croire, surtout sur le chemin de pierres. Mais même après nous avons encore parcouru quelques centaines de kilomètres avec ce pneu réparé…Et aucun incident…

mercredi 8 janvier 2014

Récit d'un voyageur à Kiev et Tchernobyl

Alors nos impressions sur notre séjour, c'est bien simple: c'était génial!

Ca s'est super bien passé, exactement comme prévu, même mieux, il nous a juste manqué un jour pour tout voir, mais c'est pas grave, ce n'est que partie remise.

La visite de Tchernobyl, Prypyat et la zone d'exclusion, c'est quelque chose. Je m'attendais à un truc fort, je dois dire que j'ai pris deux claques dans la tête. C'est plus qu'impressionnant, c'est triste, nostalgique, le vrai sentiment de l'horloge arrêtée, et en plus en hiver, pas un bruit (sauf de nos amis à képi qui nous suivaient partout dans Prypyat...), personne sur place, terrible! Vita était très très bien, elle parlait super bien français, s'en était bluffant. Et si vous pouvez lui transmettre nos remerciements, c'était vraiment très très bien ce qu'elle nous a montré, j'ai beaucoup apprécié qu'elle nous traduise les registres qu'on a trouvé sur place, et sa façon de rendre les lieux vivants (malgré tout)

Tatyana a été aussi très bien. Merci a elle pour nous avoir expliqué l'histoire de Kiev, de l'Ukraine sovietique et de la rue St André, et de ses explications sur la vie quotidienne des ukrainiens, c'était vraiment sympa!

Elle nous a bien fait ressentir (avec Katarina) ce qu'on vécu les gens de Prypyat, et nous sommes sidérés par la manière dont la crise a été gérée, la loi du silence soviétique et le "flegme" des gens qui ne posaient pas de question...Tout comme Katarina était sidérée que des jeunes français s'interessaient à ce qui s'était passé à Chernobyl et a Prypyat... Ca fait réfléchir
De cette approche de la catastrophe et des gens qui l'ont vécu, j'attendais des réponses, et je repars avec de nouvelles questions, ce qui est pour un scientifique le top du top!

Pouvez vous également transmettre nos remerciements à Tatyana, avec qui le courant est bien passé, pour nous avoir permis de découvrir un peu de cuisine ukrainienne, sans elle nous n'aurions jamais pu gouter ce que nous avons mangé, puisque l'ukrainien est pour le commun des français absolument indéchiffrable...

De notre côté nous avons pu visiter St Michel au dôme d'or (très impressionnant la messe orthodoxe!), Ste Sophie, le marché de Noël sous l'arche (très moche de jour) et la Laure des Catacombes. Ces monuments sont tous à conseiller, par contre nous aurions dû prendre un guide pour la laure, tout est écrit en cyrillique et en fait on a rien compris du tout...sauf que c'est joli. Les moines (ou pope je sais pas) ont bien essayé de nous parler, mais comme on ne comprend ni l'ukrainien ni le russe, et que eux ne parlaient pas anglais, ça n'a pas donné grand chose, sauf qu'ils ont l'air très sympathique.

Nous avons été chaque soir sur Maidan, au milieu des barricades. C'était extrêmement animé mais paisible, on a jamais senti la moindre animosité. On se promenait bien plus tranquillement qu'on ne le ferait à Paris la nuit. C'est extraordinaire de voir la manière paisible dont ils mènent leur révolution. Même le dimanche où il y avait 100 000 personnes pour protester contre le passage à tabac d'une journaliste tout se passait bien. Encore une fois la barrière de la langue ne nous a pas permis de communiquer plus, mais c'est pas grave.

En résumé, ça restera un grand moment et je pense qu'on retournera en Ukraine un jour. Merci pour l'organisation, tout était parfait.

Damien de Strasbourg